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Au pays du Réprimeurissime, un policier cherche sa mère pour la tuer : une trace de farce et de sang
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le 15 févr. 2013
Quasiment toute l’œuvre du cubain Reinaldo Arenas a été écrite dans l'urgence et dans des conditions de précarité et de nécessité absolue. Ses manuscrits ayant été détruits ou confisqués par le régime communiste cubain, et c'est le cas pour ce livre L'assaut, Arenas a donc dû les réécrire plusieurs fois, notamment en exil puisqu'il est un marielito, leur donnant une tonalité à la fois plus libre et plus imprécatoire : dans L'assaut, il allégorise l'histoire de son pays soumis au totalitarisme d'une répression à l'échelle collective et individuelle.
Trop dissident pour s'inscrire dans la lignée littéraire latino-américaine consacré au dictateur-caudillo d'Alejo Carpentier, García Márquez ou Roa Bastos, Reinaldo Arenas joue en individuel et sans nuance aucune, parce que sa furie existentielle est aussi déchainée que son écriture.
Certainement le plus cruel et le plus anti-rhétorique de ses romans, L'assaut porte à son comble la dénonciation du régime castriste et de son absurdité, " une sorte de fable aride sur le genre humain quand l'État l'emporte sur ses rêves ou ses projets" dit Arenas.
Dans un État ou le dictateur Réprimeurissime est vénéré et obéit de tous, le protagoniste-narrateur, un policier misanthrope, en quête obsessive de sa mère pour l'anéantir, devient agent du gouvernement spécialisé dans la répression d'insurgés. Sous prétexte de mater toute forme de rébellion, il tente de mettre en œuvre son projet personnel d'assassinat de sa mère, conduisant le récit à un crescendo d'atrocités que le protagoniste justifie à ses supérieurs comme nécessaires au maintien de l'ordre et de la moralité révolutionnaire.
Moins carnavalesque que son livre précédent, La couleur de l'été, L'assaut a un ton plus grave et revient au fantastique de ses premières œuvres. Si le regard porté par le narrateur protagoniste sur l'humanité est pessimiste, l'auteur quant à lui conserve un faible espoir puisque Reinaldo Arenas a toujours été à la lisière de la colère révoltée et du désenchantement. Arenas ajoutera : "Bien que le poète périsse, le témoignage de l'écriture qu'il laisse est celui de son triomphe face à la répression et au crime".
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le 23 avr. 2026
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