Zola est au paroxysme de la description du banal, on suit l’histoire de Gervaise, une blanchisseuse mère de la fameuse Nana qui deux enfants avec Lantier. Après que Lantier l’a abandonnée pour une autre femme, elle se marie avec Coupeau. L’intrigue n’a jamais été aussi lente, l’attention n’a jamais été autant concentrée sur les actions du quotidiens des petites gens. Le vocabulaire, les chansons populaires, les descriptions des différents métiers y sont d’une précision inégalée. Pour une fois, Zola n’est pas mélo dramatique, le début de l’œuvre n’est pas marqué par une mort aberrante ou des pulsions sauvages. En revanche, ce qui m’étonne c’est la volonté de faire lire ce livre à des élèves de seconde plutôt que le Bonheur des Dames ou La Bête Humaine. L’intrigue est lente, on ne trépigne pas en voulant savoir ce qu’il va se passer. Au contraire, on suit bien l’histoire simple et ouvrière de Gervaise, ses querelles de famille. Je pense que ce livre est plutôt adapté pour des personnes connaissant déjà l’œuvre de Zola et peut en dégoûter certains de relire des livres de cet écrivain. Le livre est parfaitement construit, chaque chapitre est un épisode de la vie du foyer. Le tout culmine lors du festin organisé par Gervaise au chapitre 7, au milieu du livre, qui montre l’apogée de la protagoniste.