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Bernard Clavel auteur populaire et prolifique du bon et du moins bon. L'espagnol qui raconte la vie d'un réfugié en France de la guerre civile espagnol est parmi les meilleurs. L'auteur met en avant...
Roman de Bernard Clavel, découvert à l'adolescence. Un des livres des livres que je préfère de cet auteur.
L'action se situe dans le pays d'origine de l'auteur à savoir le Revermont dans le Jura, région connue pour la production du célèbre "vin jaune" dont Napoléon III aurait dit, après dégustation, qu'il venait de boire "le meilleur vin du monde" … On va le croire puisque je n'en sais rien et que je n'en ai jamais bu. Par contre, le roman en parle et donnerait presqu'envie d'y goûter…
Le roman démarre en 1939 au moment de la "drôle de guerre" pour se finir après la Libération. Les camps de regroupement ou d'internement des réfugiés républicains espagnols du sud de la France deviennent alors une réserve de travailleurs pour suppléer aux départs des soldats mobilisés. Ainsi dans une ferme du Jura vont arriver deux espagnols, des catalans, alors que démarre la saison des vendanges.
Des deux espagnols embauchés, un ne résistera pas longtemps à la rudesse du climat et du travail. Il partira s'engager dans l'armée. C'est le second, Pablo Sanchez qui restera et découvrira la terre, si différente de la sienne. Il s'attachera à la famille de paysans vignerons, ancrés dans leur terroir.
Républicain catalan, il s'était engagé contre les forces franquistes mais vaincu, il n'a eu d'autre ressource que de quitter sa patrie en y laissant sa femme enceinte et massacrée dont il conserve le souvenir obsédant. C'est donc un roman de reconstruction de l'homme dans une vie et une atmosphère complètement différente de ce qu'il avait pu connaître.
Mais c'est aussi un roman de terroir car Clavel nous invite à vivre le travail répétitif et harassant de la ferme mais aussi à en apprécier la satisfaction du travail bien fait ainsi que la "récompense" qu'on peut en attendre lors de la récolte. En cela, le roman n'est pas sans rappeler les romans de terroir des auteurs de l'école de Brive que ce soit Michelet ou Signol.
C'est un roman profondément pacifiste. C'est toujours avec répugnance que Pablo accepte de répondre brièvement et évasivement aux questions sur "sa" guerre alors qu'il s'apprête à en revivre une nouvelle, en France, cette fois. Et lorsqu'il rejoint le maquis jurassien vers la fin de l'Occupation, il est écœuré et rempli de honte par le comportement de certains vis-à-vis d'un "traitre" qui a fricoté avec la milice ou la gestapo. J'ai cru comprendre que Clavel a prêté à son héros, Pablo, des souvenirs personnels de cette époque dont, notamment, une attaque, qu'il juge prématurée de Lons-le-Saunier, en juin 1944, qui s'est soldée par de nombreux morts et peu de résultats positifs.
Et puis, c'est un roman humaniste où Pablo s'interdit bien de juger les gens. Disponible aux autres, il s'attachera, en particulier à la jeune Jeannette, handicapée, à qui il apprend à sourire.
Créée
le 28 août 2026
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