Une jolie plume pour décrire Singapour avec justesse
Un mois à peine après sa sortie, Claudio m'offrait ce livre pour mon départ à Singapour. (Et je t'en remercie car c'était une excellente idée !) J'ai donc commencé à le lire dès l'avion, afin de me mettre dans le bain. J'ai vite interrompu ma lecture du fait du ton puant, méprisant du milieu expatrié français décrit au début du livre. Je ne voulais pas me gâcher mon arrivée dans un pays où je m'apprêtais à passer quelques années.
Puis j'ai repris ma lecture, quelques jours plus tard, une fois installé sur place. J'ai cru découvrir un style à la Bret Easton Ellis, tant dans le fond que dans la forme. Cette énième redite de l'inimitable auteur américain n'arrangeait donc pas grand chose à ma retenue précédente. Mais au fil de la lecture, une intrigue se met en place et on oublie vite Bret Easton Ellis pour s'intéresser à Elsa Marpeau, qui se détache de ce dernier de par son style d'écriture, qui lui est finalement propre.
La narration, non linéaire sans trop en faire, crée un rythme et un suspense réussis. On s'imagine le livre passé au montage avant publication. "L'expatriée" est finalement bien écrit, dans un style travaillé et esthétique tout en restant naturel.
Mais l'intérêt de ce livre, pour moi en tout cas, c'est surtout son cadre. On plonge dans le Singapour contemporain (l'intrigue se déroule de juin 2012 à fin janvier 2013), ses caractéristiques, ses enjeux, ses expatriés. En vivant sur place, on retrouve beaucoup de ce qu'Elsa Marpeau décrit en terme d'impressions et de sensations. Ses descriptions sont justes. Au contraire, quelqu'un qui ne connaîtrait pas Singapour aurait ici la possibilité d'en avoir un aperçu fidèle.
La fin du roman est à peine surprenante. L'intérêt de "L'expatriée" n'est pas son intrigue mais plutôt son cadre, son style, sa narration. Voici donc un bon roman que j'ai apprécié, je pense, à sa juste valeur, mais qui ne me donne pas pour autant envie de lire d'autres oeuvres de son auteur.