Réédition d'un roman paru initialement en 1993, L'histrion mérite sa ressortie.
Il s'agit d'un space-opera mettant en scène une créature artificielle, Genesis, dont l'intelligence prodigieuse a entraîné la nomination à la tête d'une organisation, le Daym, chargée de réguler les rapports galactiques entre ses différents membres.
Véritable transposition de notre ONU à l'échelle de l'espace, le Daym est affligé des mêmes maux : pouvoir décisionnaire ridicule et soumis au bon vouloir des membres, absence de pouvoir effectif lorsqu'il s'agit de faire appliquer ses décisions... Le récit se déroule dans un contexte de guerre imminente entre l'Empire (vaste autocratie militaire) et la République de Géha, petite puissance alliée à la Confédération (vaste agglomérat d'États indépendants).
Alors que la galaxie risque de s'embraser, Genesis, choisit pour le représenter un nouvel histrion, chargé de remplacer son prédécesseur assassiné. Mais il choisit un(e) sexomorphe, un individu capable de changer de sexe à volonté. Outre le scandale ainsi crée (ses "créatures" sont très mal vues par la population), il a également choisi un ancien esprit frondeur dont il espère qu'il culbutera les vieilles habitudes du Daym.
Mêlant donc science-fiction, intrigue politique et aventure, L'histrion est un vrai régal. L'écriture est plaisante, pleine de suspens, et l'univers proposé intéressant, même si esquissé à petites touches au fil des pages et des courts textes introductifs de chaque chapitre.
Un livre à (re)découvrir.