Grosse surprise en lisant ce livre, c’est quasiment les princes d’Ambre, mais dans un univers plutôt SF au lieu d’être un univers plutôt fantastique. On y retrouve tellement de points communs que je me suis demandé pourquoi avoir créé deux univers différents ? Dans les deux cas on a un protagoniste (et ses adversaires) qui sont plus ou moins des dieux, peuvent façonner la réalité, aiment vivre reclus sur les mondes qu’ils ont créé, mais sont terriblement humains dans leurs haines et leurs amours. Dans les deux cas, ils ont eu une très longue vie, mais sont au sommet de leurs capacités, sont quasiment immortels, sont cyniques, manipulateurs, entretiennent des relations d’amitié méfiante ou de haine confiante avec leurs semblables … J’arrête là, mais vous voyez le topo, si vous aimez Ambre, vous retrouverez la même chose dans l’île des Morts, avec des vaisseaux spatiaux à la place des chevaux, et une ambiance futuriste qui ne sera pas si différente de ce qu’on peut retrouver dans les mondes fantastiques que visitent les héros d’Ambre.
J’ai vérifié, et l’île aux Morts est antérieure d’un an au premier tome des princes d’Ambre, il s’agit donc apparemment d’une version "beta" qui a été ensuite réécrite, en mieux, avec un bon ravalement de façade façon médiéval fantastique. Je dis en mieux, car malgré les qualités du récit, je préfère Ambre. Plus long, plus abouti, et surtout dans un décor qui me parle plus. J’aime bien la SF, mais à choisir entre les étoiles et les châteaux, je prends les châteaux, en général.
J’ai trouvé toutefois dans la fin de ce roman une satisfaction que je n’ai pas trouvée dans les cycles d’Ambre. Non pas que les fins d’Ambre soient mauvaises, pas du tout, elles m’invitaient simplement à en vouloir plus. Le fait qu’il n’y aura pas de troisième cycle d’Ambre est un drame de la littérature.
La fin de l’île des Morts, au contraire, me laisse une impression différente. Une satisfaction où rien ne manque. Aucune envie d’en savoir plus, et pas parce que le récit ne m’a pas plus, non simplement la certitude que l’histoire est finie, qu’en dire plus serait en dire trop. C’est difficile à expliquer car je ne vois aucun élément que je peux pointer du doigt et dire « c’est ça que j’aime » ou « c’est ça qui est élégant ». Par certains détails c’est même le genre de fin que je devrais trouver un peu décevante. Et pourtant elle me parle, elle m’inspire et je ne sais pas pourquoi. Elle fait, en ce sens, écho au tableau du même nom qui l’a inspirée. Bien joué donc ?
Je serai curieux de savoir si d’autres lecteurs ont ressenti cette fin de cette même manière.
Critique tirée de mon blog.