Anne est obsédée par cette promesse non tenue faite aux dieux de la musique (qui deviennent ses démons) : jouer le concerto pour piano numéro 2 de Prokofiev à l'âge de 22 ans. Le spectre de l'échec la poursuit jusqu'à Séville où elle devient prof de FLE, un comble pour une diplômé en littérature. Deux rencontres vont s'avérer décisive : Horacio, le bel amérindien au cœur d'artichaut, et Imma, une collègue qui joue (mal) du piano...
Marie Delos prend souvent quatre chemins pour dire les choses, mais l'écriture est soigné. On voyage sans heurt entre souvenirs et présent. Et on est ravi de trouver dans ce texte l'écho de sa propre indignation quant à l'usage irréfléchi de la police de caractère comic, "aussi ronde et niaise que le visage des personnages qu'elle était censée faire parler, aussi régulièrement maladroite qu'une gentille farce manuscrite."