Tu sais ce qu’est le Kintsugi toi ? Je n’en avais qu’une vague idée avant de me pencher réellement sur la question grâce à ce livre. C’est une technique ancestrale qui consiste à réparer un objet en céramique ou porcelaine, et mettre en valeur ses fissures avec de la véritable poudre d’or. Son invention remonte au XVème siècle au Japon, où le chef de guerre Ashikaga Yoshimasa brisa son bol préféré lors de la cérémonie du thé. Il confia à ses artisans la mission de réparer son bol de manière artistique, et c’est ainsi que l'art du kintsugi est né. Le mot Kintsugi vient du Japonais Kin (or) et Tsugi (jointure), et signifie donc littéralement : jointure à l’or.
A travers cet album, la philosophie de cette technique nous est révélée : glorifier l'imperfection, et magnifier les cicatrices plutôt que les camoufler. Après la tendre ourse Hiro ; grâce à ses coups de pinceaux toujours intenses, ronds et texturés, Marine Schneider donne vie à un ours mâle cette fois. Sa composition des pages liée aux mots de l’autrice racontent comme la vie est parsemée de blessures, qu'elles soient physiques ou émotionnelles, mais que certains traumatismes se surmontent (surtout en bonne compagnie) et nous rendent particuliers. Le Kintsugi repose sur « faire de ses coups durs des forces », prendre conscience qu'ils font de nous quelqu'un d'unique. Nos fêlures prouvent qu'on est toujours debout, alors pourquoi les mépriser ?
Un sublime conte qui résonne comme une invitation à aimer les êtres, avec leur passé et leurs imperfections.
Si tu veux un aperçu de l'intérieur du livre, jettes-y un œil grâce à la publication Instagram que je lui ai consacré : https://bit.ly/3rI5ZL0