Après une journée passée en classe, un enfant observe des choses surprenantes sur le trajet qui le ramène chez lui. Et cela ne s’arrête pas une fois la porte de la maison franchie. Depuis quand les oiseaux sont-ils accrochés aux arbres par une ficelle ? Et pourquoi papa promène-t-il un tapir dans le jardin ? Chaque double page surprend le lecteur et l’interroge sur la part de réalité et la part d’imaginaire mises en avant dans les illustrations qui débordent de tendresse par le choix des couleurs et les actions de l’enfant.
La berlue est un très bel album sans texte qui, au travers d’une paire de lunettes, aborde la notion de perspective et de point de vue. Ainsi, l’enfant ayant laissé ses lunettes sur le bureau de l’école ne perçoit plus la réalité et confronte le lecteur à la puissance du pouvoir de l’imagination. Il devient amusant de chercher à rapprocher l’absurdité de certaines scènes à la réalité plus prosaïque d’un monde que l’on connait tous. Pourtant c’est la poésie offerte par l’imaginaire qui charmera le lecteur de tout âge, apportant une touche d’humour bienvenue à un univers, certes rassurant, mais tellement plus convenu.
Bérengère Mariller-Gobber signe un titre tendre et drôle qui confère à la puissance de l’imaginaire une touche de fantaisie appréciable pour colorer le quotidien. D’une certaine manière, on pourrait dire que ce titre parle de différence par la biais du regard que chacun pose sur le monde qui l’entoure. C’est rafraichissant en plus d’être amusant.
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