Marrant la bible, que j'appellerai "Torchon" tout le long de ma modeste critique. Et quel plaisir de pouvoir faire une "critique" du Torchon sur ce site !
Alors déjà blindé d'incohérences et parfois même, l'auteur met en exergue l'Alzheimer du héros principal dans la seconde partie du document.
Mais commençons par le début voulez-vous.
Un gros machin crée un monde qui existe déjà, jardinier pour créer les plantes, sculpteur pour créer les hommes, lampiste pour la lumière. Vint les modifications chrétiennes pour justifier la pub Bricorama (vers la fin de la deuxième partie). L'histoire du pêché originel nous ait raconté, où on voit type omniscient mettre deux êtres humains en situation de tentation. Rien ne dit qu'il aurait pu le mettre ailleurs, mais non il le fout là.
Soit.
Donc ce qui devait arriver arriva, les êtres humains trahissent le machin magique, et en plus par une femme.
C'est plutôt mal écrit mais on s'amuse bien, y a un côté capillotracté que ne renierait pas les plus mauvais scénaristes d'Hollywood.
Après la provoc donc, l'humanité se retrouve dépossédé de ses moyens spirituels, elle est donc méchante et sans finesse, et puis dieu rase encore tout avec une bonne pluie et en coupant les systèmes d'évacuation. En fait, une entorse aux droits d'auteur, cette histoire étant repompée sur un mythe sumérien.
Je vous épargne les jugements expéditifs (l'homosexualité étant une "abomination" dans le Lévitique) et la vision de la justice déployée dans toute sa stupidité (ah ! la lapidation et la punition des mécréants). Sans oublier les belles histoires visant à nous faire verser une larme (l'esclavagisme de Momo, les tueries sur les premiers nés) et portnawak (le buisson ardent !).
La folie imaginative des auteurs bat son plein.
Enfin, le Sauveur arrive, enfin, le Sauveur... Disons qu'il finit mal, alors à votre place, je ne lui ferais pas confiance. C'est fête d'ailleurs, nous avons droit à quatre versions différentes de ce qui est censé être l'histoire d'une seule personne. Il y a là de quoi s'amuser entre les uns qui font dans le symbolique de la gnose et les autres qui tentent de raccorder le personnage principal avec diverses prophéties juives, le bazar est total.
Vous pourriez faire quatre films complètement divergents avec le même personnage que vous pourriez revendiquer la pertinence de la vérité vraie de votre histoire. Le plus intéressant étant alors peut-être de faire un patchwork des quatre histoires.
Certaines personnes disent donc qu'il faut "écouter les sages", par exemple les Catholiques disent que finalement, c'est le pape qui décide quelles sont les versets (oui, les versets, pas un évangile en particulier) à prendre en considération, quitte à en détourner le sens (justifier la laïcité avec le "Rendez à César..." etc).
D'accord, mais vous êtes suffisamment grands pour décider quoi et comment choisir, non ? Vous n'avez plus besoin de papa et maman pour décider à votre place de quoi et qui croire, si ?
Enfin, le parcours du bonhomme se termine en croix - qui, au passage, n'a rien d'original ni "de si excessivement violent qu'aucun être humain n'aurait pu l'imaginer" contrairement à ce que l'on nous vend (rappelez-vous Prométhée attaché à un rocher, avec un corbeau qui lui dévore son foie qui se régénère tous les soirs, ou les Titans mangeant leurs enfants pour éviter une rébellion...). Avec une belle incohérence au passage. C'est en effet à se demander si le personnage principal se sacrifie volontairement ou non, si c'est le cas il n'y a aucune logique dans sa phrase où il demande à son père pour quelle raison il l'a "abandonné"...
Et vient L'Apocalypse Selon Saint Jean. J'avoue que cette dernière partie me fait triper (d'où les trois points). C'est violent, imagé, y a une "ambiance" malsaine qui se dégage, que je n'ai retrouvé nulle part, sauf dans Naussicä (le film de Miyazaki).
Le Torchon est violent, entre le début barbare, la répudiation de l'humanité par le machin magique, les génocides (le Déluge), les menaces sentencieuses, la mort du personnage principal qui se sacrifie pour expier un mythe et l'apocalypse selon Saint Jean, il y a largement de quoi l'interdire aux moins de 18 ans.
Mais la censure sélective, on connaît.