Ce roman m’a été proposé dans le cadre d’une opération Masse Critique Babelio : La dislocation, premier roman d’une agronome française Louise Browaeys figure parmi les livres de cette rentrée littéraire 2020. Une « fable écoféministe », une« tragédie contemporaine » nous annonce la quatrième de couverture, hypnotique, drolatique, et profondément humain ? Un peu tout cela la fois, certes, mais ce roman me laisse perplexe.


Le récit se fait à la première personne: une jeune femme amnésique quitte un hôpital où elle a séjourné durant de longs mois, à la suite d’un traumatisme. Nous ignorons, tout comme elle, son identité, ce qui lui est arrivé et la raison pour laquelle elle tente de reprendre une vie normale, en compagnie de K. un ami d’enfance. Cette héroïne se trouve donc dans un dénuement psychologique total et ne demande qu’à renaître. Le lecteur a l’impression de remonter la vie du personnage à contre-courant: elle retrouve peu à peu des bribes de mémoire, à commencer par des souvenirs d’enfance, petites choses précieuses et imparfaites.


Armée d’un dictionnaire et d’un carnet de note, notre héroïne, telle une extra-terrestre va découvrir notre mode de vie, nos travers et reprendre goût aux activités humaines, notamment sexuelles. Parmi les personnes qu’elle va être amenée à côtoyer : une infirmière, un couple échangiste, l’employé d’un magasin de bricolage… Tous apporteront leur pierre à l’édifice pour lui faire retrouver la mémoire. Nous comprendrons alors que sa trajectoire est réellement « cousue à celle de la planète« , mais je n’en dis pas plus…


Les métaphores sont inattendues, le choix du vocabulaire est particulier, il fait mouche ou pas. Le style est tantôt cru, lourd et déroutant, tantôt doux et feutré, avec parfois une constatation limpide, toute en émotion « nous étions dans le silence qui gît au fond de toute amitié« . Deux poids, deux mesures, j’ai été séduite par le sujet intrigant et par quelques jolies compositions surgies de nul part, comme des étincelles. Mais j’ai aussi été rebutée par de trop nombreuses longueurs. Et malheureusement je ne me suis pas sentie en adéquation avec ce personnage qui parle de tout et de rien, à qui il manque tout mais qui a tout à retrouver.


La fable écologique promise est pourtant là, le pari est tenu: le sujet et l’originalité de ce roman m’ont plu, mais la forme beaucoup moins. Je ne pense malheureusement pas être la personne la plus à même de l’apprécier: j’ai besoin d’un fil conducteur dans un récit et là je n’en ai pas trouvé, il y avait trop d’errance qui m’ont pesé. J’en suis désolée, mais n’hésitez pas à vous faire votre propre opinion, car les goûts et les couleurs… Je remercie en tous cas les Editions Harper Collins et Babelio pour cette proposition de lecture.

loeilnoir
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le 3 sept. 2020

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