Lu 28/01/26
Deuxième incursion cette année chez Dostoïevski avec La Douce. Ne me sentant pas encore prêt à attaquer les chefs d’œuvre, je m’initie doucement à l’écriture folle de l’auteur avec ses œuvres les plus courtes. Et ici, La douce semble bien être un concentré de Dostoïevski en 70 pages.
Dès le début, en effet, on reconnait le style de l’auteur : un monologue foutraque, de la folie, des répétitions et de nombreuses divagations… La Douce donne un peu l’impression d’être un brouillon d’un chapitre d’une œuvre plus grande : un seul long monologue de plusieurs dizaines de pages, qui retrace une relation de quelques semaines/mois se terminant par un drame. Comme dans ses autres écrits, on retrouve ici une intensité et un chaos qu’on ne rencontre que trop rarement dans bien d’autres romans. En lisant je me suis d’ailleurs fait la réflexion que l’écriture chaotique de Dostoïevski me forçait à me concentrer intensément sur ma lecture, et à pleinement m’investir dans l’histoire, me donnant l’impression de réellement “lire”.
Si on en revient à l’histoire, on est ici dans quelque chose de beaucoup plus sombre que les nuits blanches que j’ai pu lire deux semaines plus tôt. Si cette dernière lecture était relativement candide (bien que cynique par sa fin), La Douce est beaucoup plus noire. On comprend rapidement le suicide de la femme du personnage principal, et on suit la quête de compréhension de ce dernier. Et malheureusement, on comprend petit à petit ce qui a pu mener à cette tragédie : une vie de misère doublée par un mariage désastreux avec un homme de 30 ans son ainé. Le “héros” est en effet manipulateur, parano, tordu, n’offrant qu’orgueil et sévérité à cette pauvre enfant de 16 ans. Je n’ai personnellement ressenti que dégoût pour ce triste sire, prétentieux et imbus de sa personne, qui n’a fait que les mauvais choix jusqu’à causer le pire.
Si j’ai dévoré la Douce en un après-midi, j’avoue y avoir été moins sensible qu’aux Nuits Blanches ou au Joueur. La détestabilité du personnage principal, et l’impression d’avoir presque affaire à un exercice de style, en préparation d’une œuvre plus riche, m’ont un peu laissé de côté malgré l’écriture toujours unique de Dostoïevski. Mais je compte bien continuer avec une ou deux œuvres courtes pour enfin passer à Crimes et Châtiments dans le courant de l’année.