Une sorte de vagabond qui écrit. Ou une sorte d'écrivain vagabond. Ou, sans ordre, sans hierarchie, écrivain & vagabond, écrivain & pauvre. Une vision bien frappante : l'incarnation du proverbial jeune-auteur-sans-ressources, luttant pour écrire & manger. Le personnage principal est un auteur recherchant sans arrêt un peu d'argent dans la norvège de la fin du XIXème siècle, passant des jours entiers sans manger jusqu'à ce que quelque article soit publié dans un journal. Plus qu'un personnage - une voix. La voix sans fin de l'homme avec trop de temps & pas assez d'argent, parlant & pensant tout en marchant & attendant, comme une autre figure littéraire & proverbiale : le fou shakespearien proverbial avec ses monologues sur scène que l'on imagine peupler de bruits grognants indiscernables - et prenant des décisions à la limite de toute logique. C'est un livre de luttes dfficiles dans le sens d'un longs discours intérieurs répétés & d'actions proches du non sens. Une femme : “vous étiez bien saoûl l'autre jour” (dit avec pour sous-entendu, sa séduction) - cet homme : “non, je n'étais pas saoûl” (j'étais simplement mon moi dans ma folie). Ce torrent de mots intenses apporte des visions de Shakespeares, des films de Charlie Chaplin, des vagabonds absurdes de Beckett, de l'existentialisme, des artistes bohèmes, de… Définitivement un chef d'oeuvre intense.