La Falaise de Nijni-Novgorod m’a littéralement bluffée. En quelques pages, Boris Pilniak déploie une prose d’une beauté incantatoire, charnelle, presque hypnotique. On y sent les paysages, les intérieurs russes, la neige, les silences. On y est. Mais sous cette poésie affleure une profondeur psychologique saisissante : une réflexion d’une modernité folle sur l’inceste maternel, traitée sans jamais sombrer dans le sordide. Tout est suggéré, avec une délicatesse brute, et c’est sans doute ce qui lui a valu la censure. Un texte court, inoubliable. Et un auteur exceptionnel, trop peu lu. À découvrir d’urgence.