Les animaux de la ferme Manor, lassés de l'exploitation de leur propriétaire humain M. Jones, se révoltent pour prendre le pouvoir et instaurer une société égalitaire sous la devise "Tous les animaux sont égaux". C'est une critique sociale impressionnante, aux sentiments multiples, qui nous laisse frustré, révolté, triste et énervé, car on voit comment la révolution, née de l'espoir, se transforme rapidement en une tyrannie encore plus cruelle que celle qu'elle voulait combattre, avec le cochon Napoleon qui manipule la propagande et la peur pour asseoir son pouvoir absolu. C'était fou, et je n'en oublierai jamais l'histoire, car elle est forte et nous emmène dans une réalité de la société similaire à une claque, nous forçant à reconnaître que le pouvoir corrompt toujours, et que les idéaux les plus nobles peuvent être trahis par ceux qui les portent.
L'histoire, avec ses personnages emblématiques comme le cheval, qui travaille jusqu'à la mort en croyant en la cause, ou le chien qui déforme la vérité à chaque instant, nous montre comment la manipulation et la violence deviennent les nouveaux outils de l'oppression. On se sent pris au piège dans ce cercle vicieux, où les animaux oublient leurs anciennes promesses et acceptent la nouvelle tyrannie, et c'est là que la force du livre réside : il ne nous raconte pas juste une fable, il nous montre le miroir de nos propres sociétés, de nos propres dérives. On ne peut pas rester indifférent, on est secoué, on a envie de crier, et on sort de la lecture avec une impression de vide, comme si on venait de voir un monde s'effondrer sous nos yeux.