Un etrange roman d'anticipation, dans un domaine assez original, qu'on pourrait décrire comme du cyber-agro, ou de l'agri-punk, car on se retrouve dans une société ayant connu des catastrophes alimentaires au point où ce qui a le plus de valeurs est l'alimentation saine, où de grands pays ont disparu à cause de maladies mutagènes impactant les fruits, légumes, animaux, et où les grands monopoles sont maintenant les entreprises dites "caloriques", qui ont les ingénieurs les plus doués pour parvenir à trouver des souches viables en contrecarrant cibiscose, rouille vésiculeuse et autres sympathiques véroles qui pourrissent les cultures et font des ravages en mutant sans cesse.
L'action se situe dans une Thailande qui a su garder son indépendance grace à sa banque de semences secretes, et a su eviter la décimation d'autres pays asiatiques dont les survivants ont dû emigrer et etre traités à la limite de l'esclavage par les nations qui les ont accueillis...
La toile de fond est très sombre, on comprend qu'il y a eu des guerres, des massacres, les inegalités qui ont ressurgi, et quelques sociétés qui essayent de gagner des pays entiers en offrant leur savoir calorique en echange du controle quasi total.
Se greffe dessus des machinations economico-politiques, des luttes entre factions internes à la Thailande... et une fille automate japonaise, qui est finalement secondaire, malgré le fait qu'elle donne son titre au bouquin, servant de détonateur à toute la fin du roman, déchainant malgré elle l'apocalypse en Thailande sur une brève période dont forcément quelques uns en tireront bien profit.
C'est vraiment une oeuvre bizarre, pas déplaisante, mais malheureusement entachée de quelques défauts majeurs, dont les redondances et les enjeux obscurs très peu expliqués sont principalement un frein à la lecture. Le fait de ne pas s'attacher à un seul protagoniste, dont on fait vaguement allusion aux passés respectifs, n'aide pas.
Dommage car quand ça s'emballe on sent le potentiel de l'auteur et si tout le contexte global avait été mieux posé, en allongeant le roman tout en y insufflant plus de rythme, je suis certain que cela aurait été passionnant.
En tous cas on ne pourra pas taxer Bacigalupi d'avoir copié ou imité un livre antérieur, tant l'originalité de base est assez unique.