[SPOIL]
Pour moi l'attrait de la saga a un peu commencé à s’estomper avec ce 5ème volume. Alors, ça ne m’a pas empêché de le dévorer en 3 jours comme pour les autres, le livre reste un vrai page turner rempli de suspens, comme ses prédécesseurs.
Mais le bien nommé "La fortune", semble exacerber les défauts déjà identifiés à petite dose dans les autres tomes.
Les Caskey, déjà immensément riches au début de cet episode (~1M $ de fortunes individuelles, 30M total en comptant la scierie) ont la chance de decouvrir du pétrole sur leurs terres.... comme si cela ne suffisait pas !
Mais l’écriture de McDowel est si fluide que l’on se plaît finalement à lire les enchaînements d'évènements et les descriptions des achats de toute la tribu dans un faste démesuré.
Même si au final, tout se passe trop bien, il n’y a jamais vraiment d'obstacles au récit. D’une main les Caskey amassent des richesses et redistribuent selon leur bon vouloir aux petites gens de Perdido ; de l’autre, Elinor chatie les mécréants grâce à ses mystérieuses habilités fantastiques.
Toute l'œuvre semble traversée par cette morale méritocratique américaine : à force de labeur (toutes les descriptions de Miriam qui se tue à la tâche et Oscar avant elle) et de prise de risque (acheter des terres qui semblaient sans valeur) : on est récompensé. Donc une opulence indécente oui, mais qui a demandé du travail !
Elle a toutefois atteint de tels sommets à la fin du 5eme tome, qu’on ne chiffre même plus les montants, on parle juste de sommes "astronomiques" ou autre superlatifs similaires ! Certains chapitres consistent alors seulement en un étalage des richesses des Caskey et de leur incapacité à dépenser tout cet argent. Tout se passe par ailleurs à merveille entre les membres, aucune trahison en vue et tout est réparti à parts égales.
L’autre face de cette saga c’est evidemment l’aspect fantastique "à la Stephen King" comme cela a été beaucoup commenté.
La nouveauté cette fois ci, c’est de s'en servir pour nous parler de métissage et de double culture.
La naissance des jumelles de Frances vient questionner son appartenance au monde des humains. Elle qui semblait plutôt contente de sa vie terrestre, se découvre beaucoup plus en phase avec sa fille "aquatique" et finit par s'éloigner de sa premiere fille qu'elle laisse au bon soin de sa mère Elinor. Tout comme cette dernière avait laissé Miriam à sa belle mère Mary-Love 30 ans auparavant... Ainsi Frances ne sait pas ce que c’est que d'être celle qui grandit sans amour maternel, mais voyant comme sa soeur a finalement trouvé sa place dans la famille, ne s’en inquiète pas trop.