La force de la science fiction c'est quand le propos dépasse l'univers qui est décrit (que serait blade-runner si les replicants n'étaient pas à visage humain ?). Et c'est dans cet élargissement du thème que "La Guerre éternelle" excelle. C'est simplement l'histoire d'un bidasse, William Mandella, qui évolue au gré des campagnes de guerre contre les extra-terrestres Taurans. Reposant sur cette solide base, l'auteur introduit une intrigue pleine de technologies futuristes, de phénomènes galactiques et de courbes spatio-temporelles. La perspective est donnée grâce aux campagnes militaires lointaines. Le voyage d'un petit groupe de personne pendant une année subjective se transforme en centaines d'années objectives sur Terre.

Grâce à ces effets temporels, "La Guerre éternelle" est donc une réflexion sur l'avenir de l'humanité, sur ce que nous allons faire de notre planète, pour la nourriture, le logement, la propriété. Comment l'espèce humaine pourrait évoluer au sujet de la sexualité et de l'eugénisme. En filigrane il est question de l'intégration de ces anciens combattants dans une société qui a énormément évoluée. Joe Haldeman avait beaucoup de messages à faire passer à son retour de la guerre du Vietnam.

Le ton du livre est vraiment intéressant, on croit rapidement qu'une fin funeste est fatidique. William Mandella ne prend aucun plaisir à faire ce métier de militaire pour lequel il a été enrôlé de force. Lorsqu'il trouve enfin le bonheur avec une femme officier de son régiment, l'implacable logique militaire s'applique à le détruire, sans émotion, sans remords.

Mais Haldeman n'aime pas la guerre, et bien que son récit soit tout à fait convainquant dans la façon de mener la guerre dans l'espace, le twist final nous montre avec (trop) de candeur toute l'absurdité des conflits armés.

Très bon livre divertissant et plein de bonnes réflexions, la naïveté finale fait un peu tâche 8/10.
Nanash
8
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le 22 août 2011

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Nanash

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