C’est sa première fois. Depuis toujours sa mère se chargeait de ce genre de demande. Mais aujourd’hui elle est trop âgée, trop affaiblie, et c’est à lui, le fils, de prendre le relais. Elle l’a formé pour ça, il est prêt, il connaît le feu, il a appris la langue des choses cachées, c‘est un guérisseur. Il quitte la maison et s’engage pour une marche de trente kilomètres. On l’attend au le lieu-dit Le fond du Puits. Le prêtre l’accueille, il l’emmène dans la maison où un enfant se meurt. Il va faire ce qu’il faut, l’enfant survivra. Mais son père doit payer le prix des horreurs qu’il a commises.
J’avoue que j’ai pas tout compris. Du moins j’ai pas compris où on voulait m’emmener, je ne me suis pas laissé prendre par la main, je suis resté à l’écart de cette histoire. J’ai aimé pourtant le lyrisme contenu de l’écriture de Cécile Coulon, c’est un texte dont la musicalité exigerait une lecture à voix haute. La prose est à la fois poétique et évocatrice, elle tend vers une forme d’épure absolument remarquable. Le problème vient du fond, des tenants et des aboutissants, de ce que la langue des choses cachées ne dit pas. J’y suis resté hermétique, insensible, spectateur lointain et peu concerné. J’ai vraiment l’impression d’être passé à côté de quelque chose. Tant pis.