La louve vit dissimulée aux yeux des hommes, en parfaite harmonie avec la nature qui l’entoure ; lieu d’habitat sauvage, la forêt lui fournit tout ce dont elle a besoin pour subsister et se protéger. Comme elle, de nombreux hommes ont quitté leur village, poussés par la faim, la difficulté de payer un impôt toujours plus lourd, usés par le labeur… Ils ont fui le monde civilisé qui les oppressait pour la liberté offerte par cette vie pourtant rude. Quand les autorités viennent menacées leur mode de vie, La Louve rejoint les Exilés pour défendre la forêt et leur droit à la liberté !
Antonin Sabot place son histoire dans les Cévennes au dix-septième siècle et adopte le point de vue de ceux qui ne comptaient pas et n’étaient guère plus considérés que comme des vagabonds et des inutiles. En s’appuyant sur des documents historiques (notes d’un médecin, lettres et correspondances, ordonnances de Louis XIV…) cités à chaque début de chapitre, l’auteur nous renseigne sur cette époque à laquelle les gouvernants « établissent des codes forestiers pour chasser ceux qui s’y sont réfugiés et y trouvent de quoi survivre, accaparent les biens communs et affermissent leur contrôle sur ces territoires qui leur échappent.«
Son récit est emprunt d’un message écologique qui résonne étrangement avec notre époque, tout en portant un regard féministe non moins actuel, au travers de cette jeune héroïne qui se bat pour préserver la forêt sauvage. L’écriture, entrainante, oscille entre la narration à la troisième personne et le vers libre, expression des pensées de La Louve ayant renoncé à la parole, des pensées bien plus expressives que les longs discours. L’ensemble forme un hymne puissant à la nature et à la liberté !