Usé par ses années de lutte contre la corruption, Yeruldelgger, l’inspecteur Harry d’Oulan-Bator, a quitté la police, et n’aspire désormais plus qu’à une retraite chamanique dans les steppes de Mongolie. Mais c’est sans compter sans le destin malin, celui que Ian Manook a créé pour son personnage, et qui va tout mettre en oeuvre pour l’empêcher d’accomplir son voeu.
Dernier volet en date des aventures de Yeruldelgger, la Mort Nomade est aussi celui qui est le plus « foutraque » même si le titre peut faire penser le contraire. Car de mort, il en est question dans ce roman, des géomètres, des experts, des nouveaux riches…Et surtout, la mort de la Mongolie sauvage. Au milieu de ce chambardement, Yeruldelgger est seul. Loin de ses anciens partenaires, loin de la femme qu’il aime. Mais, tel un Josey Wales du film éponyme aspirant à la paix, le voilà entouré d’une foule de personnages haut en couleur, une vieille femme qui a perdu sa fille, une autre témoin d’un neutre, des explorateurs en goguette venus peindre la nature sauvage, une fliquette complètement perdue, un tireur d’élite…Le tout, sur fond de corruption et d’exploitations minières sauvages qui menacent le pays tout entier.
Entre deux pérégrinations de son personnage fétiche, Ian Manook nous emmène en Australie, aux Etats-Unis, au Canada, quittant presque le côté contemplatif du vieux policier pour un polar plus pur et dur. Fidèle à son habitude, l’auteur parsème son roman de purs moments de délire, comme s’il était nécessaire d’ajouter un peu de sucre pour adoucir l’amertume que l’on ressent chez Yeruldelgger. Au final, c’est un roman bien plus sombre que les deux précédents qu’il nous livre ici, et que l’on ne peut s’empêcher de refermer avec une certaine tristesse après l’avoir dévoré d’un bout à l’autre. Et on en redemande!