Écrire au Musée, pour mieux en sortir. Sortir du traumatisme, de l'assignation à témoigner du mal-être, du drame personnel devenu carte de visite, identité attendue au tournant, moquée, même, par ceux qui prétendument soutiennent. Sortir de la toxicité qui engendre à son tour tant de toxiques. Sortir de la commande imposée, du rapport de pouvoir, de la domination des riches, des puissants, des hommes. Sortir voir si l'on y est aussi. Et elle y est, Christine Angot. Elle y sera, dans cet Après, toujours devant sa machine à écrire. Elle trouvera dans l'Art, les mots qui disent autre chose. Elle nous le promet.
Depuis que j'écris, je ne fais rien d'autre. Je dis non à tout. Comme si j'avais une sorte de régime sec. De je peux faire sans. De non merci. J'étais assise face à la vitre qui donnait sur la fresque, que je ne regardais même pas. J'étais incapable de bouger. Incapable de suivre Léonore dans les salles. Je le regrettais. Je m'accusais de ne pas vivre. Elle faisait le tour des espaces. Je ratais l'occasion de l'accompagner, d'être avec elle, et de voir les oeuvres.