La petite Gauloise, Jérôme Leroy, Folio
Très court roman ou longue nouvelle, initialement paru chez La manufacture de livres qui raconte une journée dans une ville de l’ouest : elle débute par un policier qui se fait tuer par un policier municipal lourdement armé depuis que le Bloc Patriotique gère la mairie. Le flic abattu a eu le temps de prévenir d’un très probable attentat dans les heures à venir.
Et nous, lecteurs de suivre, à la fois les terroristes, les flics, un prof et ses élèves, une autrice-jeunesse, qui tous, un moment ou un autre se retrouvent au cœur de cette histoire.
Le thème ne prête évidemment pas à rire, mais j’avoue qu’à plusieurs reprises, Jérôme Leroy est parvenu à me faire sourire. Son écriture, répétitive surtout pour les noms et prénoms de ses héros : il peut faire se succéder de courtes phrases dans un ou plusieurs paragraphes qui, à chaque fois débutent par les noms et prénoms de ses personnages, ou se décaler de son histoire pour parler des habitudes d’un intervenant ou de son futur très lointain alors qu’il n’interviendra plus dans le roman. Il peut aussi balancer quelques vacheries bien senties sur la manière du Bloc Patriotique de gérer une ville et là, très proches de ce que l’on sait de la gestion de communes par le RN (coupures de subventions à certaines associations, sécurité à tout prix, ce qui, personnellement m’insécurise davantage…) "Le capitaine Mokrane Méguelati regarde prudemment au-dessus de la table en formica rouge pleine d’impacts de 7,62 mm, ce qui pourrait faire une œuvre intéressante pour une exposition d’art contemporain dans le Centre culturel de la ville qui vient de se voir sucrer ses subventions."
C’est un roman noir caustique, qui ne ménage rien ni personne, qui décrit une ville, mais plus globalement une société peu enviable et qui ressemble pas mal à la nôtre.