Karlson n'a pas révolutionné le Roman et n'a certainement pas écrit un grand classique.
Maintenant ça n'a pas l'air d'être sa prétention.
C'est un Roman assez basique avec l'idée de pousser jusqu'à la démesure l'idée que l'on ne saura jamais vraiment ce qui se passe dans la tête des autres.
Et c'est très bien. C'est certainement une des grandes qualités de ce petit roman.
Au fond on va aller gratter quelque chose qui dès le départ est abject. On se fiche bien de savoir si cette fameuse pièce nous amènera aux confins de l'absurde.
Le plus captivant c'est la bêtise (qui n'est pas absurde, mais semblant comme documentaire). On découvre des situations anecdotiques, plus théâtrales que philosophiques.
La philosophie est absente si l'on considère ce livre dans ce qu'y est écrit littéralement. Et à mon avis c'est un choix, il ne veut pas de philosophie. Un choix qui émane du désir de vouloir faire de la littérature exemptée de morale et d'intelligence. C'est bien car ça nous gêne, ça nous perd, ça nous attache.
Au fond c'est un livre qui ne respire pas l'ennui mais c'est sûr que certains on du le lire ou le lirons avec un regard abruti et ne comprendrons pas qu'ils lisent leur propre mythologie. Donc pas celle qui les intéresse.
La pièce se clôture sur la rêverie. Au fond n'est ce pas là la partie la moins abjecte. N'est ce pas ici la partie la plus esthétique. L'auteur ne nous dit-il pas "Oui ma pièce est débile, mais elle peut être belle. Elle peut être esthétiquement belle."
Enfin Karlson métaphorise l'idée qu'il se fait de la paix intérieure. Et c'est très con. Mais ça marche car à aucun moment le livre ne le dit. Il laisse le lecteur se débrouiller. On ne tombe donc pas dans un bouquin qui rigole de lui même. Il raconte. Il déroule sans nous faire de clin d'oeil appuyé. Tout cela est très sincère. Alors c'est beau.