Le cœur de ce court roman est l'obsession du narrateur pour Clelia, l'épouse de son ami, une femme qu'il place sur un piédestal et qu'il croit enchanteresse, au point que tous les autres hommes de son entourage seraient, selon lui, amoureux d'elle, même ceux qui affirment détester la gente féminine. C'est donc un récit de l'observation monomaniaque, aux antipodes du romanesque, en apparence fait de dialogues simples : si les personnages n'échangent que des banalités, l'impression qu'il faut décrypter des non-dits ne quitte jamais le lecteur ; c'est que l'implicite semble se rendre explicite subrepticement, au travers d'adverbes modalisateurs étonnants qui traduisent des émotions fortes qui ne devraient pas avoir lieu d'être au vu des discussions triviales qui s'enchaînent page après page : « férocement », « agressivement »... Le roman se clôt sur l'annonce de la grossesse de Clelia, qui la rend absolument inaccessible, mettant ainsi fin aux fantasmes d'un narrateur peu sympathique et abrégeant l'ennui d'un lecteur déjà somnolant, peut-être incapable — ou non désireux — de chercher un sens caché à un récit peu stimulant.