Des années que je voyais passer ce roman classique sur Babelio et des années qu'il dormait dans ma PAL. Je l'ai exhumé des souterrains de cette dernière pour m'élever dans les arbres aux côtés du baron Côme du Rondeau, jeune noble italien fantasque qui décide, après une énième contrariété familiale, d'y établir ses quartiers de noblesse.
"Le Baron perché" commence comme un conte de fée, se poursuit comme un conte philosophique et s'achève sur une note désabusée très prosaïque et aussi peu chimérique qu'il est possible de l'être.
Considéré comme "une éblouissante invention littéraire", il est certain que ce roman ne ressemble à aucun autre ; il a donc pour lui l'avantage de son originalité. Mais au-delà de cet aspect, je dois avouer ma déception car je me suis mortellement ennuyée à sa lecture. Et la très belle plume de l'auteur n'y aura rien changé.
Le premier tiers du roman offre un style et des situations cocasses qui prêtent à rire et à sourire. Le lecteur est curieux de voir comment un adolescent puis un homme peut vivre dans les arbres à l'image des grands singes tout en restant en relation avec le monde "civilisé", mais passées les quelques péripéties crédibles, Italo Calvino ne m'a plus convaincue. Le summum a été atteint avec les affres amoureuses de Côme et de la Marquise Violette, sensées donner à l'amour sa pleine compréhension philosophique, c'est-à-dire souffrir pour aimer et aimer pour faire souffrir. Je n'adhère pas.
Côme du Rondeau a un petit côté Candide et Zadig, sur fond d'Histoire naturelle de Buffon, et son itinéraire de vie arborescent est en quelque sorte une allégorie des ramifications des Lumières. Hélas pour moi, la philosophie m'a toujours assommée et je n'ai pas réussi à me laisser emporter.
Je ne dénie pas au "Baron perché" sa gloire littéraire mais de plaisir, en ce qui me concerne, il n'y en eu point. Serviteur.