Des tas de choses documentées et intelligentes ont dû être dites sur ce roman d’apprentissage, de passage de l’enfance à l’âge adulte. Je vais me contenter de livrer quelques impressions. D’abord, je veux que Madame Dellarey me marche dessus. Elle est envoûtante et dans ma tête elle ressemble à Dalida. Ensuite, je trouve l’écriture et le style de Colette singulier et sensuel. Tous les sens sont mêlés dans les descriptions de la nature sauvage bretonne et des émotions sauvages adolescentes. Elle utilise des formules et des images percutantes de justesse. Enfin, la question des rôles genrés et des genres est présente en transparence partout dans les quelques pages de ce court roman. La dame blanche et sa voix virile envoûtent Philipe dans une sensualité homo-érotique. Le corps de Vinca qu’il observe enfin est vécu comme ni celui d’une femme ni celui d’un homme. Les rôles de genre commencent à s’immiscer dans la vie de ces adolescents mais dans la fin de cette enfance ils se confondent encore. Mon avis personnel c’est que Philippe est bi.