Le narrateur, un jeune homme inexpérimenté, est invité par son oncle à venir le rejoindre au bourg de Stepantchikovo, pour qu'il épouse une jeune gouvernante. La raison est simple (quoique), l'oncle est amoureux de cette dernière, mais son entourage veut qu'il épouse plutôt une autre femme à la fortune intéressante ; l'oncle souhaite donc que son neveu épouse Nastenka afin de dissiper les doutes et qu'on ne le force pas à un mariage arrangé.
Oui cela est confus et absurde mais c'est normal au vu de la population de ce village, asile d'aliénés à ciel ouvert, où l'ancien valet Foma appose sa tyrannie, notamment sur la mère de l'oncle.
Il faut un peu de temps pour rentrer dans l'histoire, appréhender les nombreux personnages et leur psychologie malsaine ou grotesque mais petit à petit ce roman méconnu de Dostoïevski révèle son potentiel.
Très théâtral dans le traitement de ses personnages voir de certaines scènes, ce roman précédant les futurs chefs d’œuvre du maître en porte déjà les germes. Drôle par moment, galvanisant dans certains passages (notamment toute la séquence de fin), le Bourg... est loin d'être anecdotique et mérite sans doute plus de considération.
Un excellent moment de lecture, dans la veine du rêve de l'Oncle mais avec plus de densité et d'épaisseur.