Le mensonge est le premier axe du roman. Il existe différentes motivations au mensonge, par absence ou dissimulation ou bien pour ne pas peiner son interlocuteur. C’est le cas pour Louis Barthe, notaire de son état, qui apprend tardivement qu’il n’est pas le fils de son père en découvrant son acte de décès. On suit dès lors la quête d’identité de ce personnage, ce qui est un peu déroutant, car on s’attendait plutôt dans une introduction de thriller, à découvrir l’intrigue qui va nous occuper. Le propre d’un thriller est de ne pas être circonscrit à une zone géographique. C’est le cas lorsque l’on découvre le corps d’une jeune femme aux abords d’un fossé. L’enquête nous entraîne alors vers trois gosses de riches, totalement perdus dans une grande débauche de violence. L’autrice nous invite ensuite au cœur d'une communauté qui vit en totale autarcie et dans laquelle un jeune garçon, Bruno, a pénétré par hasard après avoir échappé à la noyade. On découvre les membres du cheptel qui vivent tous sous la domination d’une dangereuse manipulatrice et de son amant-homme de main. Tous ces personnages sont en quête d’identité, deuxième axe du roman. La force du roman est de nous les présenter au cours du déroulement de l’enquête. Pour qu’il y ait domination ou manipulation il faut des victimes réceptives. La grande faiblesse des victimes est en contrepoint de la force des dominants. Ce rapport de force domine jusqu’à l’épilogue. Un long roman au style soigné très clair dans le déroulement de l’énigme.