La disparition : un thème récurrent pour ce genre de roman.
Une adolescente qui participait à un camp de vacances se volatilise sans explication. Ce n’est pas n’importe quelle ado : elle est la fille du propriétaire des lieux ! Une jeune fille rebelle que ses parents ne parviennent pas à canaliser. Raison pour laquelle ils avaient accédé à sa demande de participer au séjour dans le camp.
Les portraits de cette famille aisée seront dressés avec minutie, le père, banquier, héritier de trois générations unies par ce même attrait pour l’argent, la mère mariée très jeune, en proie à des angoisses qu’elle noie dans l’alcool, on saura rapidement pourquoi.
Car l’événement ramène le souvenir d'un autre drame six ans plus tôt. C’est Pierre le quatrième de la généalogie, surnommé Bear, qui a lui aussi disparu brusquement ! L’enquête avait permis de démasquer un coupable presque trop idéal, qui n’a pas purgé sa peine, puisqu’il était décédé avant de pouvoir être incarcéré.
Personnages troubles, menteurs, masquant une vérité qui fait mal, et qui surtout mettrait en péril la réputation familiale !
C’est la pugnacité d’une jeune enquêtrice, qui malgré la difficulté de s’imposer au sein d’une équipe particulièrement machiste (nous sommes en 1975, on peut concevoir que la présence des femmes dans ce milieu était plus clairsemée que de nous jours, mais quand même !) permettra de comprendre ce qui s'est passé.
Roman sombre, avec une intrigue travaillée, qui se laisse lire sans difficulté malgré les 650 pages. L’intrigue est un prétexte pour traiter de la transmission intergénérationnelle, de la place des femmes au sein du couple, et dans le milieu du travail.