J'étais tellement bien quand j'étais dans La Montagne Magique que je n'ai pas résisté à lire un autre titre de Thomas Mann, nettement plus court mais tout de même conséquent. Il s'agit de la biographie d'un compositeur de musique classique moderne fictif (mais inspiré du compositeur réel Arnold Schönberg dont il reprend l'invention du dodécaphonisme). L'occasion de retracer l'histoire de l'Allemagne depuis la fin du 19e à la Seconde Guerre mondiale, le tout étant raconté par un ami proche du compositeur. Comme le nom l'indique, c'est également une sorte de réinterprétation de Faust, ledit compositeur vendant littéralement son âme au diable par le biais d'une prostituée syphilitique. En dehors du dialogue cauchemardesque avec Lucifer, le roman est tout à fait réaliste et est l'occasion, un peu comme dans La Montagne Magique, de nombreuses discussions et analyses sur l'histoire allemande, la conception de l'art, la politique et la philosophie. Je n'y comprends rien en jargon musical donc certains passages qui commentent des pièces de musique classique m'ont un peu largué, mais franchement je m'attendais à pire. Le roman ayant été écrit pendant et juste après la Seconde Guerre mondiale, il n'offre pas vraiment d'analyse très profonde dessus, mais livre en revanche une mise en perspective très intéressante de la première.