Assez vertigineux la manière dont Sapienza nous emmène en psychanalyse non pas à très vers sa propre psyché mais plutôt à travers l'analyse et l'interprétation du psychanalyste insupportable, dont on subi la violence avec elle tout au long de la lecture. (ça rend la lecture un peu laborieuse tant on a envie de lui faire fermer sa gueule). Heureusement que l'autrice refuse les dogmes, notamment "scientifiques" et s'insurge malgré le statut autoritaire du médecin et le transfert. Qu'il arrête de lui expliquer la(sa) vie, de juger ou d'infantiliser please !
Le fait qu'il soit trop conformiste pour les idées de Sapienza et qu'il lui appose ses jugements fait écho à mes séances de psy où je dois passer des séances a expliquer mes valeurs et fonctionnements pour des psy pas au fait. Et puis classique shit de psy de vouloir accuser la mère de tous les maux, en en profitant pour faire passer toutes les femmes de la vie de Sapienza sous le bus, admirer une femme ne peut être que pathologique.
L'autrice parle de "gifle psychanalytique" et c'est assez justement illustré dans son processus d'écriture. Et puis il y a toute cette réappropriation du mot "folle", de ce besoin d'autodétermination et de son discours autour du suicide qui sont assez puissants.
Bref, c'est à la fois un supplice et très libérateur de voir une patiente échapper aux tentative du psychanalyste de la formater à ses théorie et de reprendre la main sur son corps et sa vie.