Le goûter du lion est un roman japonais édité en poche l’année dernière aux éditions Picquier. Il est l’œuvre de Ito Ogawa, autrice que j’avais découverte il y a quelques mois en lisant le touchant La papeterie Tsubaki. La thématique de ce nouvel ouvrage n’est pas facile. On y suit les derniers moments d’une jeune trentenaire atteinte d’un cancer. Un voyage qui ne m’a pas laissé indemne…
L’histoire débute par la découverte de l’île aux citrons. Ce lieu paradisiaque se situe dans la mer intérieure du Japon. Elle abrite la Maison du Lion. Ce lieu de paix a la vocation d’accueillir des malades venus s’y installer pour leur fin de vie. Nous y suivons le quotidien de Shizuko qui a choisi de s’y rendre pour profiter pleinement de ses derniers jours avant de mourir.
Je n’avais pas lu la quatrième de couverture en achetant le livre. J’ai donc été surpris en découvrant les enjeux narratifs de l’histoire. L’autrice traite de thématiques complexes telles que la maladie et la fin de vie avec un angle de vue original. Shizuko s’installe dans un endroit merveilleux où tout le monde est aux petits soins pour elle. Elle a accepté son sort. Il n’est pas question de problèmes de systèmes hospitaliers ou d’espoir de rémission. Il ne s’agit pas de ces questions-là auxquelles s’attaquent la narration. Il s’agit de partager les réflexions d’une femme qui perçoit chacun de ses gestes comme potentiellement le dernier et qui se retourne sur la vie qu’elle a menée.
Comme sous-entendu précédemment, l’histoire se construit complètement autour de Shizuko. Elle est la narratrice et nous fait donc partager l’intégralité de ses pensées, de ses réflexions, de ses angoisses, de ses joies… La lecture en devient très intimiste. Toutes les peurs et les craintes dues à sa situation touchent en plein cœur. On est également ému par chaque moment de bonheur qu’elle va ressentir à travers un événement, une rencontre ou un souvenir. Cette jeune femme est profondément attachante à la fois par ses forces et ses fragilités. Une jolie rencontre que je suis heureux d’avoir faite…
La narration se construit dans la douceur du style de l’autrice. Son ton envoutant accompagne la lecture. À chaque nouvelle plongée dans l’histoire, j’avais le sentiment de voyager et de me couper du monde qui m’entourait. Cela s’explique naturellement par l’empathie ressentie à l’égard de l’héroïne mais également par la capacité de Ito Ogawa à faire exister des lieux, des personnages et des moments. Chaque rencontre est touchante, chaque goûter est émouvant, chaque paysage ou chaque objet prend un sens particulier. Cela fait que j’ai trouvé cette lecture à la fois sensorielle et apaisante. Un vrai plaisir…
Pour conclure, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce roman. Je me suis immédiatement attaché à Shizuko et mon immersion dans la Maison du Lion m’a profondément touché. Chaque petit geste, chaque pensée ou chaque discussion était un condensé d’émotions. J’encourage donc toutes les personnes intriguées par cet ouvrage à se laisser tenter. Le voyage ne laisse pas indifférent…