Comme pour "Au-revoir là-haut", mon enthousiasme pour "Le Grand Monde" n'est pas à la hauteur du succès de ce roman qui ouvre une nouvelle saga familiale, dans la lignée de la précédente. Un peu à la manière de Ken Follett avec "Le Siècle", Pierre Lemaitre semble s'être donné pour oeuvre littéraire de traverser le XXème siècle aux côtés d'une famille à l'histoire mouvementée.
Est-ce que ma découverte a pâti de ma lecture très récente de la saga "Les grandes familles" de Maurice Druon, oeuvre que j'ai trouvée brillante et qui se déroule à peu près à la meilleure période ? Peut-être. Sans doute.
Toujours est-il que je n'ai pas été "embarquée" par Pierre Lemaitre comme je l'avais espéré. J'ai un peu de mal avec le style de cet auteur, je m'en rends compte. Sans doute est-ce dû en partie à l'éparpillement que je ressens dans la narration. "Le Grand Monde" propose trois espaces très différents - Paris, Beyrouth et Saïgon - qui ne m'ont pas dépaysée plus que cela pour les deux derniers. J'ai trouvé que le passage d'un lieu à un autre manquait de contrastes. Pierre Lemaitre est un écrivain qui privilégie ses personnages et leur personnalité à leur environnement. Je pense qu'un peu plus de descriptions aurait facilité mon immersion dans le récit. Au lieu de cela, j'ai très souvent eu le sentiment de rester au bord de la route, comme en retrait et attendant que ça se passe.
La galerie de personnages - la plupart liés entre eux par les liens familiaux - est intéressante même si certains comportements m'ont paru outranciers et peu crédibles, notamment ceux de Geneviève, la bru, ou de Nine, la mystérieuse indic.
Pierre Lemaitre est tout de même un bon conteur qui maîtrise le rythme d'un récit sans temps morts et avec plusieurs rebondissements. Il n'a pas acquis sa réputation en écrivant des polars pour rien.
Sauf si mon chemin croise à nouveau celui de la famille Pelletier au détour d'une boîte à livres, il y a peu de chance que je poursuive l'aventure - comme ce fut déjà le cas pour la suite d'"Au-revoir là-haut".