Avec Le Haut-Mal, Pierre Léauté propose un roman singulier, à la croisée du récit historique, du roman d’aventure et du conte mystique. L’action se déroule en 1923, dans l’après-guerre, alors que les certitudes vacillent et que la science tente de s’imposer face aux croyances.
Ce point de départ pourrait laisser penser à un thriller scientifique. Pourtant, Le Haut-Mal prend un chemin plus ample, plus lent aussi.
La force du livre réside dans cette tension constante entre rationalité et superstition. La sismologie, science encore balbutiante à l’époque, tente de décoder les signes de la terre, tandis que les légendes locales, les récits anciens et les traditions pyrénéennes murmurent d’autres vérités. Léauté ne tranche pas brutalement entre ces deux mondes. Il les fait coexister, se confronter, parfois se confondre.
La montagne occupe une place centrale. Elle n’est pas un simple décor, elle devient un personnage à part entière, massif, silencieux, imprévisible. Les descriptions sont précises, parfois denses, et contribuent à créer une atmosphère à la fois grandiose et inquiétante. On sent un réel travail documentaire derrière le texte, notamment sur le contexte scientifique et historique des années 1920.
https://julitlesmots.com/2026/02/20/chronique-dun-mal-invisible-le-haut-mal-de-pierre-leaute/