Cette suite directe du premier volet se situe 12 ans après les évènements de la fin du tome 1. Le jihad universel a eu lieu, les Fremen ont conquis l'univers, le prophète Paul est devenu Empereur et est aux yeux du peuple une véritable figure messianique. Cette organisation religieuse créée en son honneur malgré lui le dépasse cependant complètement, au vu du sang versé et des sacrifices qu'ont engendré cette guerre. Ses visions de l'avenir le hantent, il voit les multiples avenirs possibles et la mort de ses proches. Son trône est très contesté par le Bene Gesserit, le C.H.O.M et le Bene Tleilax, qui vont alors s'allier pour mettre fin au règne des Atréides.
Dès le premier chapitre on est d'ailleurs plongé dans cette ambiance de complot politique tendue et étouffante. L'auteur excelle selon moi vraiment dans l'écriture des dialogues, qui sont vraiment importants et puissants, où l'on sent la manipulation et l'avidité de pouvoir. On perd en action et rythme par rapport au premier tome, on est beaucoup plus dans la réflexion politico-religieuse. On suit les monologues intérieurs de Paul, ses doutes, ses visions, ses relations (mention spéciale au personnage de Hayt que j'ai trouvé vraiment bien développé et charismatique), son incompréhension du fanatisme qui s'est créé autour de lui. On sent son angoisse face à son incapacité à prendre la main sur le cours des choses, il voit le futur grâce à sa prescience et il en est prisonnier, et on entre en empathie avec lui.
Il y a aussi une réflexion intéressante autour du colonialisme. Dans certains passages on montre à quel point Arrakis a été transformée par la mise en oeuvre de projets écologiques évoqués dans le tome précédent. Mais les changements sont rapides, on sent plusieurs fois la nostalgie d'une partie du peuple de l'ère d'avant le règne de Paul.
Cette suite, bien plus courte que son prédécesseur, constitue pour moi un excellent complément. Je recommande d'ailleurs de le livre dans la foulée du tome 1 car c'est un tome vraiment charnière pour la suite de l'oeuvre, la clôture d'un arc qui m'a vraiment touché et fait réfléchir.