Le père Sogol nous emmène à l'assaut du Mont Analogue, figure métaphysique inatteignable, par des procédés géographiques semblant à la fois d'une logique implacable et d'un illogisme évident. Sur le chemin, l'humour de René Daumal nous touche souvent, la beauté poétique de son écriture aussi. Les voyageurs, dont nous faisons entièrement partie, s'embarquent volontiers dans cette quête impossible de la recherche, puis de l'ascension, de cette montagne aux dimensions babylonienne, qu'ils rejoignent avec succès quelques dizaines de pages avant la fin (si l'on peut dire) de l'oeuvre. C'est autour de la page 137 que le roman s'arrête abruptement sur une virgule, triste témoignage de la tuberculose qui emporta René Daumal, et l'empêcha de terminer son oeuvre. Nous reste alors notre imagination pour se représenter l'ascension du mont Analogue, et la quête de ses péradams cristallins.