Cette fameuse expression anglo-saxonne qui a donné le nom d'une célèbre série policière américaine, résolvant des énigmes vieilles de plusieurs années, voire de plusieurs dizaines d'années, les fameux "cold case". Ces dossiers qui traînent, s'enlisent, qui sont au bord du non-lieu. Et puis, par le plus grand des hasards souvent, au détour d'une autre affaire ou encore par la voie d'une ultime confession, ces affaires se "réchauffent", prennent une autre tournure, une nouvelle direction et se trouvent résolues. Arnaldur Indridason nous prouve aussi qu'il y a des cold case en Islande avec "le mur des silences", son dernier roman traduit par Eric Boury et paru chez Métailié dans la collection Noir.


Au détour des travaux dans la maison, un mur s'écroule dans la cave et met à jour un cadavre emmuré depuis des années. S'il avait été en exercice, Konrad aurait peut-être mener l'enquête. Il est à la retraite. Mais il n'arrête pas d'enquêter. D'ailleurs, Konrad se relance sur le terrain d'investigation pour percer le meurtre de son père, lui-même policier et qui a été poignardé. Konrad va interroger Palmi, l'enquêteur de l'époque mais son obstination va exhumer des révélations qui vont le placer du statut de victime à celui de présumé coupable.


Fort de ses 14 millions de livres vendus dans le monde, Arnaldur Indridason son dernier roman aux histoire oubliées qui resurgissent. Et qui de mieux pour incarner cette forme de phénix que Konrad, son "nouveau" personnage phare, qu'il emmène dans ce 4ème opus dans les affres de la mémoire des bâtiments et des hommes. Le récit est complètement maîtrisé par l'auteur islandais qui n'épargne pas son personnage fétiche. Konrad se complait dans ses imperfections qu'il tente malgré tout de résorber, avec son fils Hugo comme avec Palmi, son ex-collègue. En parallèle, Indridason nous dresse aussi le récit d'un trio de pieds nickelés qui, des années auparavant, ont commis un cambriolage dont le butin va avoir une incidence in soupçonnée sur l'enquête de Konrad. Les aficionados du style Indridason ne seront pas déçus par cette livraison. Tout y est : le faux rythme, les personnages définis au cordeau et le background de la mémoire qui peut revenir à la surface , du mur des silences. Indridason continue à marquer le polar nordique de sa patte ou plutôt de son coup de truelle.

Verstraete_Oliv
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le 14 mars 2022

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