C'est globalement une impression de « trop » qui me reste en tête à la fin de ce livre : trop de morgue, trop de géopolitique, trop d'idéalisme. La relecture de l'Antigone de Jean Anouilh dans un Liban écartelé est certes ingénieuse mais le principe de l'art faiseur de paix, je n'y crois pas, pas une seconde, pas une page, d'autant plus que le meneur du projet, Georges, est d'une condescendance exaspérante. Ce protagoniste militant incarne tout ce qui m'insupporte chez l'être humain, notamment cet orgueil non maîtrisé qui le pousse à faire sien un combat qui ne le concerne pas, au point de se croire martyr et d'abandonner sa famille, orgueil qui le fait également cracher son fiel contre tous ceux qui ne partagent pas ses idées. Même la plume de Sorj Chalandon suinte cet orgueil qui me fait lever les yeux au ciel ; malgré tout, l'écriture de la guerre est puissante : quelques scènes, quasi images, pénètrent violemment l'esprit pour s'y établir longtemps.