Avant d'écrire sur le livre, je dois expliquer mon rapport au Moyen Âge :
Depuis que je suis enfant, c'est une période qui m'est familière, par les jouets que j’ai eus, les histoires qu’on me racontait ou même les endroits où je vivais.
À mon adolescence, mon intérêt pour le Moyen Âge devait beaucoup film “Kingdom of Heaven” de Ridley Scott, qui avait suscité chez moi un intérêt pour les croisades et les templiers.
Et à mes yeux, une personne avait mis fin à cet “âge d’or” de la chevalerie : Philippe le Bel.
En condamnant au bucher les templiers par de faux procès et afin de renflouer les caisses de l’État, ce personnage m’apparaissait comme retors, mauvais, peu digne d’intérêt.
Quand j’ai commencé la lecture des rois maudits, j’étais ainsi peu sensible à ce que ce roi subisse la malédiction des templiers.
Et pourtant, si à la fin du livre il y a bien un personnage qui m’a marqué, c’est Philippe Le Bel :
Le personnage est perçu par les autres comme une statue, beau, mais ne clignant pas des yeux, ne parlant pas, ne souriant pas.
Mais, et c’est là que l’écriture du livre est remarquable, on sent bien que le roi est plus que cela.
Et nous avons raison, car c’est vers la fin du livre, à la mort d’un de ses plus proches conseillers que le roi se révèle.
En effet, le roi prend des décisions brutales, dures, se voulant avant tout pour le bien du royaume. Pourtant, quand il lira des archives dans lesquelles il se lit surnommé “le roi de fer”, il réagira, étonné : “ ils me connaissent si peu”.
Car le roi doute de ses décisions, il perd parfois la foi envers son idéal d’un royaume bien géré et fort.
Il dira également à sa fille, Isabelle, que le bonheur n’est pas pour des personnages d’état comme eux deux.
Ainsi, si le roi souriait si peu, c’est qu’il n’était pas heureux.
Les rois maudits m’a fait éprouver de la compassion pour le Roi Philippe, qui était un personnage qui, comme je l’ai écrit plus tôt, ne m’intéressait pas et auquel j'étais peu sensible.
C’est une grande qualité que j’apprécie dans les livres, quand ceux-ci nous aident à briser nos avis préconçus, et suscitent chez nous, lecteurs, de l’intérêt pour un sujet, une fois le livre fermé.
Cette qualité, j'ai pu la retrouver dans ce livre de Maurice Druon.