Sur le conseil d'une story Instagram, je me suis procuré la réédition 2025 de ce modeste ouvrage de Michon. En moins de 50 pages, l'auteur entame le récit d'un paysan de la Renaissance italienne soumis à une image originelle, un désir primitif : une fille de joie, endimanchée, lâchant un jet à l'orée des bois, nourrissant alors son aspiration à rejoindre la faste de cette noblesse d'apparât.
S'ouvrant comme le Rashômon de Kurosawa, le récit s'achemine, sans étalement, vers l'issue du Rubempré de Balzac, où le désir d'émancipation sociale bute contre l'âpreté de la comédie humaine.
Ce modeste récit emporte le morceau dans le raffinement de son écriture, tenant l'équilibre entre l'habileté du style, la recherche du mot juste, quitte à son extrême rareté, et la limpidité rythmique du phrasé. L'ensemble rendu aussi délicieux à lire que passionnant à l'imaginer porté sur scène.