Ce deuxième tome de l'Empire brisé confirme mes bonnes impressions du premier volume. On y retrouve Jorg Ancrath, désormais adulte et promu roi de Renar, en bien fâcheuse posture dès les premières pages du livre. En effet, une armée de vingt mille soldats encercle son château et tout pousserait quelqu'un de raisonnable à se rendre. Mais bien sûr, Jorg n'est pas raisonnable... Pour résoudre cette situation a priori inextricable, le Roi des Épines devra faire appel à de dangereux alliés, mais surtout plonger dans les recoins de son âme corrompue et explorer des souvenirs que la sauvegarde de sa santé mentale recommanderait d'oublier. Comme dans le premier volume, l'auteur dépoussière sacrément les codes du genre. Outre un style incisif toujours jubilatoire, la narration est particulièrement originale, puisqu'il ne s'écoule véritablement qu'un seul jour entre la première et la dernière page. Le récit est parsemé de flashbacks, souvenirs et rêves qui permettent des allers-retours constant dans le temps et viennent expliquer les retournements de situation du "présent". Cette narration alambiquée est menée d'une main de maître. Non seulement on est jamais perdu dans l'histoire mais en plus, on est complètement immergé dans l'esprit tourmenté de Jorg. Le personnage est d'ailleurs rendu plus humain et attachant que dans le premier volume, mais tout autant perturbé ! Toujours à la limite de la raison et de la folie, du crime et du remord, de la pulsion de mort et de celle la vie, il est obligé de dissimuler à lui-même certains de ses souvenirs les plus douloureux, en les enfermant dans une mystérieuse boîte ornée d'épines. Comme une nouvelle Pandore, il lui est interdit d'ouvrir la boîte... Un autre ressort narratif particulièrement efficace ! Enfin, je dois dire un mot de l'univers, qui contribue grandement à l'originalité de la série. L'histoire des "Bâtisseurs", civilisation dominant le monde avant le "Jour des Mille Soleils" est toujours subtile mais plus présente que dans le premier tome. On comprend davantage la grande catastrophe à l'origine de ce retour aux "âges sombres" et au déferlement de la magie dans notre monde. Cela apporte une touche de SF ou de roman post-apocalyptique assez agréable, qui décloisonne des genres trop souvent enfermés dans leurs catégories et leurs archétypes. Mark Lawrence fait décidément souffler un vent nouveau sur la fantasy, et on ne va pas s'en plaindre !

Jhü
8
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le 23 mars 2016

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