Honnêtement je n'ai pas retenu grand chose du précédent roman de Cécile Coulon, La Langue des chose cachées, si ce n'est que c'était plaisant et beau à lire, dans ce style poétique et sombre que l'on retrouve ici dans Le Visage de la nuit.
Le vocabulaire se veut grouillant, insiste sur les notions de beauté et de laideur, sur le sens du sacrifice et la plume de l'autrice nous entraîne avec elle dans ce conte qui reprend quelque peu le postulat de Notre Dame de Paris de Victor Hugo, avec un enfant hideux, au visage ravagé par la maladie infantile (qui a tué sa mère et fait fuir son père devenu fou) qui sera recueilli et élevé par un prêtre et son assistante.
L'enfant n'a le droit de sortir que la nuit, pour son propre bien, mais certains évènements lors de ces virées nocturnes vont changer le cours d'une existence jusque là routinière et placée comme sur des rails.
On prend beaucoup de plaisir aux échanges entre le prêtre et l'enfant mais aussi entre ce dernier et Madame, l'aveugle chargée de son instruction. L’histoire est courte, porteuse de messages moralisateurs comme un conte traditionnel qui voudrait nous enseigner que derrière la laideur la plus extrême peut se cacher une bonté simple et un don de soi sans équivalents.
L'intrigue toute aussi simple se termine par une révélation efficace et l'on se rend compte que l'on a passé un bon moment dans ce village nommé le Fonds du Puits, révélateur de secrets et de merveilles insoupçonnées.