J'ai récemment relu le recueil de nouvelles incluse dans l'ouvrage intitulé "Le voyage gelé" de Dick. Ces nouvelles ont été rédigées entre 1958 et 1981Les nouvelles qui le composent ont été publiées aux Etats-Unis entre 1958 et 1981. A l'exception de la nouvelle placée en ouverture, elles sont toutes classées par ordre chronologique.
On trouve dix nouvelles au sommaire de ce recueil. En ouverture, on a un étrange écrit intitulé " Souvenirs trouvés dans une facture de vétérinaire pour petits animaux" qui semble autobiographique Le lecteur est plongé dans les pensées d'un auteur totalement halluciné, obnubilé par l'Allemagne nazie et la montée des totalitarismes. On ne sait plus si on se trouve entre rêve et réalité, monde parallèle ou non... comme dans "Le maître du haut château".
Philip K. Dick s'intéresse également aux voyages spatiaux, non du point de vue de la performance humaine, mais d'un point de vue psychologique. D'ailleurs, les hommes qui se lancent à la conquête de l'espace sont ils des héros ou de vulgaires réplications? Et quand l'Homme ou plutôt la Femme rencontre une entité extraterrestre, on se trouve dans une situation où la communication semble impossible. Je pense à une courte bande dessinée d'Enki Bilal montrant des émissaires terriens reçus par des aliens ayant une tête et un corps autonomes. Ils heurtent leurs hôtes car leur tête, séparé au préalable de leur corps, reste mutique. Il en résulte un incident diplomatique.
On retrouve l'esprit tourmenté de l'auteur et son obsession de la folie. Qu'est-ce qui nous fait basculer? Un placard rempli de nourriture pour chat insipide ou un réveil inopiné lors d'un voyage en stase et la nécessité de passer dix années éveillé..
Comme souvent, c'est en débutant ma lecture que je me suis aperçu que j'avais déjà lu ces nouvelles. Pourtant, cela m''a permis de comprendre que j'aime les écrits de Philip K. Dick, même s'ils me font un peu peur, m'y retrouvant. La folie est au bout du précipice, mais n'est-ce pas plutôt le monde dans lequel on vit qui est fou. Et qu'est ce que la folie dans un monde où l'individu est broyé et où on vit un cauchemar éveillé?
C'est à l'âme que s'intéresse Philp K. dick, qu'elle soit humaine ou autre. D'ailleurs, même si le film "Blade runner" n'est pas la transcription fidèle du roman dont il est tiré, les Réplicants ont une âme, la tirade de Roy Batty en témoigne:
« J'ai vu des choses que vous, humains, ne pourriez croire... Des navires de guerre en feu, surgissant de l'épaule d'Orion... J'ai regardé des rayons C briller dans l'obscurité, près de la Porte de Tannhäuser... Tous ces moments se perdront dans le temps... comme... des
larmes dans la pluie... Il est temps de mourir. »
La question de la solitude est viscérale pour Philip K. Dick. Il en a peur, si ce n'est une phobie, comme en témoigne ses nouvelles sur l'isolement dans l'espace. Il s'interroge sur la capacité de l'être humain à vivre isolé, sans sombrer dans la folie. Et ce n'est pas une I.A. qui peut l'aider. On voit par là la perspicacité de Philip K. Dick sur l'usage futur de l'informatique alors balbutiante.
Je ne peux que conseillé et toute remarque constructive est la bienvenue.