L’auteur, dont la fille aussi s’est noyée, nous rappelle ce qu’a été la disparition de Léopoldine, tombée dans la Seine en navigant avec son mari devant leur maison de Villequier, le choc émotionnel que cet accident a provoqué chez Hugo et comment, pendant les années qui ont suivi, le célèbre écrivain a essayé de surmonter une épreuve dont il ne s’est peut-être jamais remis.
Le parallèle entre les deux disparitions, prétexte rapidement évoqué dès les premières lignes, est cependant peu développé dans le cours du récit et quand il l’est, c’est de façon pour le moins surprenante. On peut ainsi lire « La mort de Lara est la plus belle chose qui soit arrivée dans ma vie » et quelques lignes plus loin « La mort de Léopoldine… aura été… la plus belle chose de sa vie… » On trouve ici ou là quelques aphorismes sur la vie, l’amour, la mort dont l’auteur aurait pu se dispenser. Les pages de conclusion, dans une envolée philosophique, sont passablement confuses dans leur évocation de « l’esprit ». Hugo, lors de ses années d’exil à Guernesey, a été un adepte du spiritisme. L’auteur le savait-il ? Peut-être aurait-il fallu aborder cet aspect étrange et mal connu de Hugo.
J’ai été intéressé par le côté informatif du récit, les petits rappels sur le contexte historique (la monarchie de Juillet, la révolution de 1848, le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte). Les relations de Hugo avec sa maîtresse en titre Juliette Drouet puis avec Léonie, mais aussi avec son épouse Adèle, sont décrites de façon très vivante. On croirait vraiment – et cela m’a fait plus d’une fois sourire - un texte de Franck Ferrand, le conteur de radio Classique.
En conclusion, un roman qui se lit vite, comme il a probablement été écrit…