Après avoir lu Tristesse et Beauté, il devient évident que Yasunari Kawabata n’a jamais cherché à dénoncer quoi que ce soit. Dans Les Belles Endormies, on se retrouve face à une véritable esthétisation de pulsions nécrophiles et pédophiles.
Le texte met en scène de jeunes femmes mineures, droguées, trafiquées et violées car mises à la disposition d’hommes fortunés d’un certain âge, des « vieillards » comme l’écrit Kawabata lui même, et la lecture est profondément dérangeante. On y trouve une misogynie constante, une exploitation de la fragilité des jeunes filles, et des passages où Kawabata s’attarde des détails horrifiants, comme cette prétendue odeur de lait de nourrisson sur les jeunes femmes endormies qui l’exciterait terriblement. Tout cela est présenté comme un objet de fascination, sans aucun recul critique ni dénonciation.
L’écriture est froide, plate, et vide de psychologie. Il n’y a ni tension, ni profondeur, ni réelle sensibilité. La “poésie” vantée autour de ce texte n’existe pas : ce n’est que du glauque habillé de pseudo-raffinement.
En résumé : Les Belles Endormies est un texte perturbant, moralement problématique et littérairement sans intérêt. L’admiration qu’il reçoit est incompréhensible face à la violence et à l’exploitation explicite qu’il glorifie.