Il faut un peu lutter pour dépasser les grandes facilités stylistiques du premier roman de Nina Weijers et les petites vérités à demi assénées. C'est quand elle met en abîme son héroïne, elle même artiste, avec l'art conceptuel que l'ensemble prend un peu d'ampleur. Il faut dire qu'elle parle plutôt bien de la performance, cet art où ce que l'artiste cherche à signifier, a plus de sens parfois que ce qui est produit. Avec un jolie mélange d'ironie et d'admiration, Weijers évoque brillamment Marina Abramovic, Ana Mendieta ou Bas Jan Ader... On a un temps l'impression qu'elle va faire de la vie de son héroïne, une parabole où l'art serait un moyen d'éprouver la vie et inversement...
Hélas, à la moitié du livre ce projet se perd d'un coup dans une histoire de famille plus convenue, une forme de fantasme de psychanalyse où le passé n'éclaire pas grand chose. On se perd d'un coup dans une histoire de vie qui ne sublime plus rien. La platitude de l'histoire personnelle a repris le pas. Grosse déception.