livre écouté en version audio.
Je découvre l’autrice argentine Mariana Enriquez par ce recueil de nouvelles écouté dans sa version audio, et le moins que je puisse dire, est qu’il ne peut laisser indifférent. Je suis perplexe face à certains de ces récits, fascinée par d’autres, sans pouvoir me départir d’un sentiment de malaise, de dégout également. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas apprécié, mais je n’ai pas adoré non plus. Je suis donc partagée entre plusieurs qualificatifs : étrange, éprouvant, écoeurant, fascinant, morbide…
L’univers de l’autrice me semble résolument gothique tout en étant très moderne. Dans ce recueil classé littérature fantastique et horreur, la terreur se glisse dans un quotidien très ancré dans le réel, notamment dans la vie citadine des quartiers pauvres de plusieurs villes argentines, de Barcelone également. Les personnages enracinés dans ces lieux sonnent plus vrais que nature. Mariana Enriquez aime dépeindre leurs souffrances, leur folie, leurs rapports compliqués au monde et en parallèle elle explore dans leurs failles et leurs obsessions la noirceur affolante de l’âme humaine. Âmes sensibles s’abstenir…
Morceaux choisis : une jeune femme découvre le squelette d’une de ses aïeules, décédée enfant et le petit fantôme ne cesse alors de la hanter. Une jeune femme à la sexualité pervertie ne trouve le plaisir qu’à travers son obsession pour les battements de coeur… Fan d’une rockstar, une adolescente développe une obsession morbide à la mort de celui-ci. Une jeune femme dont le travail est d’archiver les enquêtes concernant des enfants disparus est témoin du retour de ces derniers, pour le meilleur et pour le pire…
Par le registre de l’horreur, Mariana Enriquez aborde des thèmes forts tels que les violences faites aux femmes et aux enfants, la pauvreté, les traumatismes liés à l’Histoire, le rapport au corps et à la sexualité. Je n’ai pas trouvé l’écriture poétique contrairement aux éloges de la quatrième de couverture, je suis passée à côté de certains récits, y compris avec une seconde écoute. Toutefois, certains titres très marquants resteront dans ma mémoire, principalement Viande, Où es-tu mon coeur ? Et Les petits revenants… Pour résumer et sans chercher à vous convaincre (voyez-là comme ce recueil m’a chamboulée) : si je n’ai pas détesté, je suis ravie de passer à autre chose, par contre je relirai cette autrice avec une certaine curiosité…