Au cœur d’un monde invisible aux humains, dissimulé aux regards, prospèrent des familles aux mœurs étranges. Parmi elles, Devon, une femme, denrée rare, car les filles se font rares. Comme les siens, elle se nourrit de livres, mais son destin est scellé : procréer pour le plus offrant. Leur physiologie ne permet que deux naissances par femme, et dans ce monde où les mâles pullulent, on ne prie que pour des filles, arrachées à leur mère à trois ans pour être mariées à leur tour.
L’idée des mangeurs de livres m’a séduite. On suit le parcours de Devon, en remontant le fil du temps : son enfance, ses mariages, la naissance de ses enfants. Elle explique son choix de sauver Cai, allant jusqu’à défier sa famille (en tout cas ce qu’il en reste), mentir et trahir pour lui. Mais durant de longues pages, il ne se passe pas grand-chose. Il faut attendre les dernieres pages ou elle trouvera après bien des périples : la rencontre du cercle des Mange-Esprits, pour que le rythme s’emballe.
J’ai eu du mal avec les personnages : un enfant de cinq ans qui parle comme un adulte, cela m’a perturbée. En revanche, j’ai apprécié Jarrow (dommage qu’il disparaisse pendant une bonne partie du livre). Malgré tout, un point fort pour l’originalité, l’humour autour des princesses et des contes de fées, et cette salle de jeux qui m’a replongée en enfance… La fin reste ouverte, compréhensible : peut-être un prochain tome où Devon et Cai, mêlant mangeurs de livres et d’esprits, iront sauver une autre princesse...