PDG d’une entreprise florissante, K.Ushioda est également père de famille et journaliste pour une petite revue. Tiraillé entre toutes ces activités, le respectable quinquagénaire n’a pas une minute à lui, puisque même ses dimanches sont consacrés à des obligations professionnelles ou mondaines. Mais parvenu à l’automne de la vie, Mr Ushioda s’interroge sur la signification de son existence. Grâce à quelques rencontres insolites, il réapprendra à écouter la pluie, à contempler un orme du Caucase et à savourer pleinement le temps qui passe.
Ce roman à la fois psychologique et écologique nous plonge dans un esprit en proie aux doutes existentiels. Inoué y déploie une écriture toute simple, au charme subtil. C’est une ode à la fragilité de la vie où esthétisme et nostalgie se conjuguent à merveille. Saisir la beauté de l’instant à l’ombre d’un keyaki centenaire, penser aux morts qui ne reviendront jamais pour admirer la montagne, profiter de la douceur du foyer tandis que « six ennemis t’attendent dehors », ce sont là des joies éphémères mais d’autant plus précieuses à celui qui cherche la plénitude. Bien qu’écrit en 1970, c’est un livre très actuel car il pose la question du bonheur dans un monde livré au consumérisme et ravagé par une modernité effrénée. Ce constat, qui alarmait Inoué dans le Japon des Trente Glorieuses, trouve de puissants échos dans la société du XXIème siècle, une société où les rapports humains se distendent, tandis que le chaos urbain fait rêver au développement durable.
Cela dit, l'humour tant vanté dans la quatrième de couverture ne m'a pas sauté aux yeux! Il y a certes quelques situations amusantes, mais pour moi c'est un livre à la tonalité des plus mélancoliques.